Introduction
: Fabien Neveu, Président de Démocratie
active, Co-organisateur des First Tuesday Citoyen
A l
‘approche des élections, nous avons souhaité
donner la parole à des personnes qui travaillent
dans un seul but : inciter les français
à se rendre aux urnes.
Quelles actions sont menées, quelles propositions
sont faites, quelles perspectives, pour faire diminuer
l'abstention et combattre le désintérêt
de l'opinion publique ? C'est dans ce sens que les
différents intervenants se sont exprimés
lors de cette soirée et que les discussions
des ateliers proposés se sont orientés.
Cinq intervenants nous ont présenté
leurs actions : Thomas Brun, membre du directoire
du Concordat Citoyen, Medhi Guiraud, membre du parti
blanc, Emmanuel Borde, représentant le CIDEM,
Leila Hireche, coordinatrice nationale de l’association
I love Europe et Jean Gonié, chargé
de mission au Forum des droits sur l'internet.
Retrouvez
ci-dessous ces interventions
-
Emmanuel Borde, représentant le Collectif Civisme
et Démocratie (CIDEM)
Les
résultats du dernier baromètre de la
citoyenneté apportent quelques enseignements
sur les effets à long terme de la dernière
élection présidentielle. Si l’intérêt
et la confiance pour la politique, dans l’ensemble
de la population, retombe à niveau identique
à mai 2001, en revanche, pour la première
fois depuis que ce baromètre existe, une dissociation
nette s’opère entre l’avis des
dix-huit – vingt-quatre ans, et celui de l’ensemble
de la population française. Un intérêt
durable pour la vie publique et la chose politique
semble avoir vu le jour dans la jeunesse.
Cependant cet intérêt ne se traduit pas
en engagement, et notamment pas en engagement politique.
Si voter reste un acte important pour plus de 80%
de la population, et si un don, une pétition
ou la participation associative sont des actes forts
envisagés par plus de 60%, l’engagement
politique ne tente que 15% des personnes interrogées.
(résultats complets : www.cidem.org)
On peut en conclure que le divorce entre les français
et la classe politique reste fort, à tout le
moins dans l’esprit des citoyens. Les français
continuent de percevoir l’activité politique
(le militantisme, l’adhésion partisane,
la conquête du pouvoir…) comme inaccessible
pour eux, soit par rejet, soit par sentiment d’impuissance.
On ne peut pas vraiment s’étonner, dans
ces conditions, d’un taux fort d’abstention,
qui ne reflète pas vraiment les intentions
– certainement sincères – de la
population. On ne peut pas s’en étonner,
mais on peut s’en inquiéter et lutter
contre la désertion des urnes. Quelques axes
nous semble devoir être poursuivis, particulièrement
en direction de la jeunesse.
En tout premier lieu, redonner du sens à la
participation citoyenne. S’inscrire sur les
listes électorales et voter ne sont pas simples
formalités. C’est d’abord s’exprimer,
ensuite c’est effectuer un choix, enfin c’est
choisir les personnes qui dirigeront le pays le temps
d’un mandat. Ces actes forts concernent tout
le monde et constituent une participation à
part entière à la vie démocratique.
En second lieu, revaloriser la participation citoyenne
à la vie démocratique. Bénéficier
d’un fonctionnement démocratique sain
est une chance inestimable, et il appartient à
tout le monde de se donner les moyens de la conserver.
Les politiques peuvent rendre leur discours et leurs
actions plus accessibles ; les citoyens peuvent prêter
une plus grande attention à la vie politique
et à la difficulté de l’exercice
du pouvoir ; les associations peuvent jouer un rôle
pédagogique revigorant pour la démocratie.
En dernier lieu, élargir les horizons. Concevoir
la société dans son ensemble, renouer
un dialogue sur les thèmes de la citoyenneté
et sur les sujets de société, faire
vivre le débat partout où la participation
recule est un travail de tous les jours.
-
Mehdi Guiraud, membre du Parti Blanc
D’après
un sondage en avril1998 il apparaît que la part
de bulletins blanc serait passée de 5% à
27% aux élections régionales de mars
98. Cela aurait été une gifle pour le
paysage politique, d’autant que le FN serait
passée de 18% à 5%. Pourtant pour la
moitié des sondés le vote serait un
danger pour la démocratie.Mais c’est
en fait plus un danger pour les hommes de pouvoir,
et c’est en cela que se pose toute l’action
du parti blanc.
L’histoire
du Vote Blanc
Première
moitié du XIXème
Reconnaissance du vote blanc comme un suffrage exprimé.
Le vote blanc constituait un choix électoral
possible tant que la qualité d'électeur
ne concernait qu'un faible nombre d'habitants (suffrage
censitaire), le passage progressif au suffrage universel
a conduit à occulter le droit d'expression
par le biais du bulletin de vote et à privilégier
celui de la révocation des élus en place.
1852 Coup d’état
de Napoléon III.
La comptabilisation des bulletins blancs est assimilé
au bulletins nuls et donc retiré des suffrages
exprimé.
1978 (Vème République)
Pasqua fait la première proposition de loi
pour la reconnaissance du vote blanc. S’en suivra
une petite de proposition de loi venant de la droite
comme de la gauche du sénat comme de l’assemblée
Nationale.
2000 Création
du Parti blanc
L’histoire
du parti Blanc
Le Parti Blanc est
né d’une initiative citoyenne, lors d’un
débat organisé par l’association
La Nouvelle Arcadie sur le thème « Les
raisons du blocage démocratique dans notre
pays ». Comme à son habitude l’assemblée
a proposé un certain nombre d’actions
concrètes, parmi lesquelles la création
d’un mouvement pour la reconnaissance du vote
blanc. Il a semblé alors que la constitution
d’un parti était alors la seule solution
pour faire exister le vote blanc dans le paysage politique.
C’est ainsi que le parti blanc a présenté
des candidats pour la première fois au municipales
de Caen et a obtenu un score de 8% pour la liste blanc
mais reconnu et cela devant le front National avec
3.6% …
Devant une telle réussite,
il a été décidé de présenter
un candidat aux élections présidentielles
qui s’annonçaient pourtant comme gagnées
d’avance. Le concordat citoyen fut crée
à cette occasion.
Malgré la bonne
volonté des associations réunies pour
l’aventure, le nombre de signature ne pu atteindre
le nombre de 500 nécessaires. Il nous restait
donc un réseau d’associations et une
campagne médiatique qui avait permis de recruter
beaucoup de citoyens motivés. Prés de
trente candidats furent présenté aux
élections législatives. De Lille à
Marseille les candidats menèrent donc campagne.
Le plus haut score obtenu fut de 1% inutile de dire
que c’est un résultat très encourageant
et que peu de candidats ont eu la chance de pouvoir
bénéficier d’un tel élan
populaire. Je vous donnerai juste l’exemple
de cette candidate de la région de bordeaux
qui à fait une campagne toute seule et qui
a obtenu prés de 1% de voix.
Pourquoi le
parti blanc ?
Tout d’abord
faire prendre conscience que si plus de 50% de la
population vote, cela constitue en l’espèce
un désaveu violent de la politique. Au-delà
de l’aspect hypothétique de cette alerte,
ne vaut il pas mieux que cela apparaissent dans les
urnes, certes nous voulons une certaine révolutions
mais bon…
Ensuite et c’est pour le premier critère
qui apparaîtra lors des premières élections
avec vote blanc : le vote blanc sera un véritable
indicateur de la contestation, qui validera une élection
et donnera une image fidèle de l’implication
des élus et des électeurs.
Finalement nous reprendrions le flambeau à
ceux qui se proclament démocrates et tenant
de la libre expression.
Actions du
Parti Blanc
Deux types d’actions : Intellectuelles et électorales
Intellectuelles :
- Une exposition est en préparation pour faire
l’histoire du vote qu’il s’agira
de proposer à certaines associations lycées
et collèges.
- Nous restons aussi très attentifs aux soubresauts
parlementaires puisqu’en moyenne il y a un projet
de loi tous les deux ans. Nous faisons dans ces cas
des actions de lobbying afin d’expliquer l’intérêt
de telles actions auprès des politiques
Electorales :
- Il y a les élections, nous présentons
quand nous le pourrons des candidats aux élections
pour représenter les bulletins blancs.
Futur du Parti
Blanc
La reconnaissance, ou pseudo reconnaissance du vote
blanc par les politiques, nous amène, quelque
soit le débat sur le fond, à nous poser
la question de notre positionnement futur par rapport
à nos adhérents et à la population.
En effet, notre communication, déjà
complexe, sera fortement perturbée par l'arrivée
d'un vote blanc reconnu, même si c'est en dehors
des suffrages exprimés.
Cette question nous a été souvent posée
: "que ferez-vous si le vote blanc est reconnu
?". Notre réponse ne variait pas : "nos
statuts sont suffisamment larges pour entrevoir toutes
les possibilités". Aujourd'hui est venu
le temps d'un débat avec nos membres.
Il serait dommage de perdre le bénéfice
de notre médiatisation et donc de notre pouvoir
de contrainte vis à vis de la classe politique.
Par ailleurs, comment serait perçu un parti
blanc qui se lancerait dans l'arène avec un
programme qui forcément ne fédérerait
pas les attentes de ses adhérents ?
- Leila Hireche,
coordinatrice nationale I Love Europe
L’association
I Love Europe est créée à la
suite du 21 avril 2002 pour développer la conscience
citoyenne en France et en Europe.
L’association
I Love Europe agit sur deux terrains :
Législatif
: Faire voter une Loi qui inscrive automatiquement
tous les
citoyens sur les listes électorales. 3 millions
de citoyens
ne sont pas inscrits à ce jour.
Citoyen :
Favoriser l’esprit citoyen et lutter contre
l’abstention
autour d’outils pédagogiques et ludiques.
L’association
I Love Europe bénéficie d’ores
et déjà du soutien de 310 députés
(autant de Droite que de Gauche) et de plus de 1 000
maires.
L’objectif de
l’association est de sensibiliser à la
fois :
- les pouvoirs publics
(Mairies, Ministères, Conseils généraux,
Conseils régionaux) et
- les enseignants, parents d’élèves,
familles, les enfants et les jeunes
sur les questions citoyennes
par un apprentissage citoyen pédagogique mais
aussi ludique.
L’association
I Love Europe est convaincue que le citoyen actif
de demain aura appris aujourd’hui avec plaisir
les éléments d’une vie démocratique
dynamique.
LE JEU DE CARTES
QUI EST L’ELU ?
Développé
par l’Association I Love Europe, en partenariat
avec les Editions Habeas Corpus, QUI EST L’ELU
? est un nouveau concept de jeu de cartes citoyen
qui allie sens pédagogique et ludique pour
les citoyens de 7 à 77 ans.
QUI EST L’ELU
? Région (jeu de 3 paquets de 55 cartes)
familiarise et sensibilise les enfants et les jeunes
à la citoyenneté et à la démocratie
autour de 3 élections :
1) Municipales (Maires)
2) Cantonales (Conseillers généraux)
et
3) Régionales (Conseillers régionaux)
autour de 165 questions.
- Le premier paquet
de 110 cartes présente la vie des mairies,
des départements et des régions avec
les différents métiers, lieux de pouvoirs
et missions, ainsi que les cartes opérationnelles
qui permettent de jouer : cartes « Réponds
à la question », cartes « Pioche
2 cartes » et cartes « Veto », symboliquement
représentés par les cinq Présidents
de la 5ème République.
- Le deuxième paquet de 55 cartes regroupe
165 questions (3 questions-réponses par carte)
avec 3 niveaux de difficultés symbolisés
par 3 couleurs : jaune pour les enfants, vert pour
les adolescents et rouge pour les adultes.
Pour les enfants et
les jeunes, le jeu QUI EST L’ELU ? est un formidable
apprentissage à la citoyenneté et à
la démocratie.
et pour les adultes,
une occasion de se resituer dans l’engagement
démocratique.
Avec les jeux QUI EST
L’ELU ? , il est enfin possible de jouer à
devenir citoyen en famille et à l’école.
Question :
Monsieur Le Maire, est-il possible de faire baisser
l’abstention de 5 à 10 points aux prochaines
élections ?
Réponse :
Oui. Comment ?
Chaque enfant âgé de 7 à 17 ans
qui accompagnera un
parent-électeur le jour du vote se verra remettre
un jeu
de cartes le lendemain dans son établissement
scolaire.
Communication : mars 2004.
La communication de l’opération se fera
directement dans les écoles grâce à
une campagne d’affichage.
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En préparation pour février 2004 :
Le Jeu L’Europe, Je vote ! centré autour
de 165 questions sur l’Europe, les 25 Pays membres,
les lieux de pouvoirs et l’élection européenne
(3 paquets de 55 cartes).